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« Lire Avec le Chien » (LAC) à l'école

Dernière mise à jour : 21 janv. 2021

LAC : ou comment trouver ou retrouver le plaisir et l'audace de la lecture à haute voix...



Dans le cadre du projet pédagogique que nous menons au sein d'une école maternelle et primaire, deux enseignantes ont choisi de travailler la méthode LAC avec leurs élèves, les niveaux concernés sont les grande section / CP et les CE1/ CE2. Elles ont chacune choisit les 6 élèves de leur classe les plus en difficulté par rapport à la lecture. Ils bénéficieront d'une séance hebdomadaire de LAC pendant 7 semaines.


Si vous avez suivi le début de notre aventure à l'école vous vous souvenez que chaque enfant a bénéficié du programme PECCRAM (programme d'éducation à la connaissance du chien et à la prévention du risque d'accident par morsure),c'est obligatoire et indispensable avant de commencer les séances de LAC. Les bases de connaissances et de relation positive avec le chien leur permettent de profiter pleinement de la présence de celui-ci pendant les séances.

Qui participe à une séance LAC ?


Lors de chaque séance nous sommes trois. L'intervenant de l'association, l'enfant et notre partenaire canin. Pour ces séances nous avons choisit de travailler avec Lewis, léonberg de 5 ans, pour son calme, sa capacité à rester couché près des enfants sans bouger, il n'est pas exubérant et ne fait pas de mouvements brusques qui peuvent faire peur aux enfants peu rassurés ou peu habitués au contact avec un chien. Il assure une présence apaisante, calme et bienveillante.


La bienveillance est d'ailleurs une des bases des séances de LAC, à aucun moment on ne porte de jugement sur ce que fait ou ce que dit l'enfant. L'intervenant ne reprend pas l'enfant, ne le corrige pas et l'aide uniquement si le petit lecteur le demande. Ce climat de non-jugement, d'encouragement et de réconfort favorise l'élimination du stress et la peur de lire à haute voix devant les autres, et permet d'oser libérer petit à petit la lecture.


Comment se passe une séance ?


L'enfant arrive avec un livre ou en choisit un parmi les nôtres (tous parlent d'animaux!), puis s'installe confortablement. Nous avons choisi pour les enfants une banquette très basse pour qu'il soit presque au niveau du chien et puisse le toucher, s'il le souhaite uniquement, il a également à portée de main des balles anti-stress qu'il peut manipuler selon son envie. Elles ont beaucoup de succès et dès la deuxième séance, les petits lecteurs de CP leur ont donné des noms. Je vous révèle un secret : la préférée c'est Madame Jacqueline la petite vache ! L'intervenant s'installe proche de l'enfant mais un peu en retrait.




Vient alors le temps de la lecture, ceux qui déchiffrent déjà lisent le livre,

ceux qui ne maîtrisent pas encore la lecture racontent l'histoire comme ils le souhaitent. Dans un premier temps le plus important finalement n'étant pas de lire mais surtout de réussir à s'exprimer à haute voix sans peur. Les plus à l'aise s'adressent et lisent à l'intervenant, les plus réservés racontent l'histoire à Lewis, ça les rassure, ils n'ont pas peur de se tromper car le chien ne sait pas lire et pour une fois se sont eux qui ont l'avantage : le chien devient une source de valorisation.





Mais 10 minutes de lecture passent bien trop vite et la séance est déjà terminée. On finit toujours par une phrase positive sur ce qui vient de se dérouler, par un câlin ou une caresse à Lewis et la promesse de se retrouver la semaine suivante pour terminer l'histoire ou en débuter une nouvelle.



Nos premiers constats :

  • Dès la 2ème séance tous les enfants s'expriment à voix haute sans appréhension, même les non lecteurs, même ceux qui sont en grande difficulté avec la lecture, sans aucune exception


  • Tous se sont habitués à Lewis, d'une présence un peu étrange au départ il est devenu pour certains confident, pour d'autres une balle anti-stress géante, mais pour tous, je crois, une présence amusante et rassurante


  • Avec le dispositif "lire avec le chien" et bien on n'apprend pas à lire ! On apprend la confiance en soi pour s'affranchir de la peur du regard des autres : on apprend à oser, on apprend que se tromper n'est pas grave, on apprend qu'on a encore beaucoup à apprendre et qu'on ne peut pas tout savoir...


  • Je pensais au départ que peut-être les enfants retenus pour les séances le vivraient comme un temps de travail supplémentaire parce qu'ils étaient en difficulté, comme je me suis trompée ! En fait sans le savoir nous avons fait de la discrimination positive, ceux que les autres considéraient comme les moins bons élèves sont devenus à leurs yeux des privilégiés, et tous les élèves de la classe ont demandé à la maîtresse de venir en séance !


  • Ces séances de lecture en relation presque individuelle (puisqu'on est 3!) sont vraiment un plus au niveau pédagogique, ce type de relation est quasi inexistant au sein de l'enseignement traditionnel, ces moments rares sont à privilégier, ils peuvent être pour certains enfants un tremplin, pour d'autres un temps d'évaluation pour les orienter vers une aide plus adaptée à leurs difficultés, mais pour tous c'est un temps pour retrouver estime de soi et confiance.


Alors, alors ? ….......................... On continue !





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